Rwanda : des progrès inégaux dans la lutte contre le retard de croissance chez les enfants

Les efforts du Rwanda pour réduire le retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans montrent des résultats contrastés selon les districts, avec des avancées significatives dans certaines zones et des progrès jugés insuffisants dans d’autres.

Lors d’un forum régional tenu dans la province du Sud, la ministre du Genre et de la Promotion de la famille, Consolée Uwimana, a salué les performances de districts comme Nyaruguru et Ruhango, tout en appelant d’autres à redoubler d’efforts.

Des avancées notables dans le sud du pays

Selon les données présentées, le district de Nyaruguru a enregistré une baisse importante du taux de retard de croissance, passé de 39,1 % en 2019 à 23,9 % en 2025, soit une réduction d’environ 15 points de pourcentage.

Ruhango affiche également des progrès significatifs, avec une diminution de 38,5 % à 22 % sur la même période, soit une baisse de 16 points.

Ces résultats ont été cités comme exemples de bonnes pratiques à reproduire dans d’autres districts.

Des progrès limités mais pas de recul à Kamonyi

À Kamonyi, la situation est plus nuancée. Le taux de retard de croissance est passé de 22,5 % en 2019-2020 à 21,1 % en 2025.

S’il s’agit bien d’une amélioration, celle-ci reste limitée, une baisse d’environ un point seulement — ce qui a conduit la ministre à parler d’un manque de dynamisme dans les efforts engagés, plutôt que d’un recul.

Le maire du district, Dr Sylvère Nahayo, a reconnu cette lente progression et annoncé des mesures de relance, notamment à travers des initiatives communautaires comme les « cuisines villageoises ».

Des situations contrastées ailleurs

Dans le district de Gisagara, les données montrent une détérioration, avec un taux passant de 31,6 % en 2019 à 33,2 % en 2025.

À Nyamagabe, une amélioration a été enregistrée, le taux passant de 33,6 % à 29,4 %, soit une réduction d’environ 4 points, bien que jugée encore insuffisante au regard des objectifs nationaux.

« Certains districts semblent avoir atteint un plateau. Nous les appelons à renforcer leurs stratégies », a déclaré la ministre.

Un défi lié aussi aux comportements alimentaires

Des acteurs de la société civile estiment que le problème ne se limite pas à l’accès à la nourriture.

Selon Evariste Murwanashyaka, de la plateforme CLADHO, des études montrent que le manque de connaissances nutritionnelles joue un rôle important. « Beaucoup de familles disposent d’aliments, mais ne savent pas préparer un régime équilibré pour les enfants », explique-t-il.

Il souligne également des pratiques courantes, comme la vente d’aliments nutritifs produits au foyer , notamment les œufs, au lieu de les consommer au sein de la famille.

Une priorité nationale encore inachevée

Le Rwanda a réalisé des progrès notables dans la réduction du retard de croissance au cours de la dernière décennie. D’après l’Enquête démographique et de santé (EDS 2019-2020), environ 33 % des enfants de moins de cinq ans étaient touchés, contre 44 % en 2010.

Malgré ces avancées, les autorités reconnaissent que les disparités régionales restent importantes, en particulier dans les zones rurales.

Les partenaires internationaux, dont l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé, soulignent que la lutte contre le retard de croissance nécessite une approche globale combinant nutrition, éducation, accès à l’eau et protection sociale.

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