Femmes abandonnées au Rwanda, un combat silencieux devenu force

Derrière les collines verdoyantes du Rwanda et le progrès socio économique salues à l’international, se cache une réalité plus discrète mais aussi persistante. Celles de femmes abandonnées par leurs conjoints contraintes de reconstruire leur vie dans l’adversité.

Pour certaines, tout bascule en une seule journée sans préavis, d’autres dans un certain temps. Elles se retrouvent seules, responsables de leurs enfants ,souvent sans revenus ni soutien. Une situation qui selon des organisations de la société civile reste sans estimée .

D’Après le Réseau des Femmes Rwandaises pour le Développement Rural, l’abandon conjugal constitue un défi social majeur, particulièrement en milieu rural où les opportunités économiques sont très limitées.

Au-delà de la précarité financière, les femmes font face à des pressions sociales et psychologiques importantes.  Le manque d’accès aux ressources ,aux droits légaux et aux opportunités d’emploi renforce leur marginalisation.

« L’abandon ne laisse pas seulement un vide économique mais aussi un traumatisme profond « souligné une responsable de Réseau des Femmes Rwandaises pour le Développement Rural Mukeshimana Séraphine Project Manager.

D’Après cette dernière le Réseau des Femmes Rwandaises pour le Développement Rural a un programme de santé mentale reconnu par le ministère de la santé. « On a un psychologue qui prenne soins de chaque femme ayant rencontrée des difficultés, notamment des traumatismes conjugaux ayant entraîné une séparation avec leurs conjoints, en les aidant ainsi à s’accepter et avoir confiance de leur avenir ».

Face à cette réalité des initiatives communautaires et constitutionnelles émergent. Formations professionnelles, accès au microcrédit et accompagnement entrepreneurial permettant à ces femmes de poser les bases d’une nouvelle vie.

Encadrées par le Réseau des Femmes Rwandaises pour le Développement Rural ,plusieurs bénéficiaires ont lancé des activités génératrices de revenus allant du petit commerce à l’agriculture.

« Nous encadrons ces femmes de petits groupes, on les enseigne à faire quelque chose génératrice de revenus, comme  tricotage,faire agaseke,art et autres » continue madame Madame Séraphine

Au fil des années, certaines de ces femmes passent du statut de survivantes à celui d’entrepreneures. Elles créent des emplois, assurent l’éducation de leurs enfants et deviennent des figures de référence dans leurs communautés.

Selon Ingabire Rosine cheftaine d’une entreprise de tricotage, mère de 3 enfants, être abandonnée n’a pas été la fin de son histoire mais c’était le début d’un nouveau combat qu’elle a choisi de gagner “Oui je me souviens que j’étais abandonnée sans rien,la vie m’était difficile mais aujourd’hui je nourris mes enfants donc je réponds à leurs besoins et j’emplois d’autres femmes « .

Le combat des femmes délaissées reste une réalité silencieuse mais profonde au Rwanda. Entre défit structurel et résilience individuelle,ces femmes redéfinissent leur avenir et avec lui,celui de toute une génération. Notons que selon les données récentes du système judiciaire rwandais,2674 couples ont officiellement divorcé en 2024-2025,contre 2833 en 2023-2024, confirmant que le divorce demeure un phénomène significatif.

 

NIWEJAMBO Bertrand

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