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]]>« Notre population est agricole à 66 %. Dès que la petite saison des pluies commence, tout le monde est aux champs », rappelle le maire, Henry KAKOOZA. A ces cultivateurs s’ajoutent 39 % d’éleveurs, signe d’une économie encore fortement dépendante des aléas climatiques. Dans ce territoire frontalier, vaste et fertile mais exposé au stress hydrique, la maîtrise de l’eau est devenue un impératif stratégique.

Pour les autorités locales, le projet dépasse la seule dimension technique. « Nous avons été élus par la population, nous devons aller à sa rencontre et l’écouter », explique Kabagambe Wilson, président du Conseil du district. « Nous voulons qu’ils comprennent les potentialités du projet et qu’ils s’y préparent dès maintenant », insiste-t-il, convaincu que l’adhésion communautaire conditionnera la réussite du chantier et le développement tous azimuts.
13 000 hectares irrigués : une rupture agricole
A terme, 13 000 hectares seront irrigués. La première phase couvrira 3 000 hectares, avant une extension de 10 000 hectares supplémentaires. Une mutation décisive dans une région où l’agriculture demeure largement saisonnière. La disponibilité permanente de l’eau devrait permettre la multiplication des cycles culturaux, l’amélioration des rendements et une diversification accrue des productions.
En attendant l’achèvement complet des infrastructures, Le district continue de soutenir des solutions transitoires. « Le citoyen qui en a besoin passe par son secteur, l’Etat l’accompagne », précise le maire à propos des équipements d’irrigation individuels encore subventionnés.

Le barrage prévoit également la distribution de 55 000 mètres cubes d’eau potable par jour, afin de répondre aux besoins domestiques et d’anticiper l’expansion urbaine et industrielle.
Energie, industrie et électrification totale
L’ambition énergétique complète l’architecture du projet. Une centrale hydroélectrique intégrée viendra renforcer l’approvisionnement local, à l’heure où Kigali fait de l’industrialisation un moteur de croissance. Déjà, 3 500 ménages ont été raccordés au réseau électrique. « Mais l’objectif est clair : avec les projets en cours et celui qui démarre en septembre, nous devons achever l’électrification de tous les foyers », affirme le maire Kakooza. L’accès universel à l’électricité est présenté comme un préalable à l’essor de l’entrepreneuriat et de l’agro-transformation.

Le district met également en avant ses performances administratives. Selon le maire Kakooza Henry, 82 % des 122 contrats de performance annuels (imihigo) sont déjà exécutés. « A ce stade, nous n’avons pas de difficultés majeures », assure l’édile.
L’infrastructure alimentera par ailleurs la future zone industrielle en eau et en énergie, créant les conditions d’un écosystème productif intégré.
Des retombées sociales tangibles

Sur le terrain, les effets se mesurent déjà à l’échelle individuelle. Emmanuel Nsabimana, ouvrier sur le chantier, évoque un revenu journalier passé d’environ 1 000 francs rwandais dans des emplois précaires à près de 2 550 francs selon les heures travaillées. Grâce à son premier salaire, il a loué un champ pour son épouse et envisage d’acquérir du petit bétail. « Ce travail va changer ma vie. Je vais construire ma maison et nous pourrons cultiver sans attendre la pluie », confie-t-il.

Même trajectoire ascendante pour Kamaliza Hadjara, employée depuis un an sur le site. Elle affirme avoir acheté un terrain et du bétail, consolidant son autonomie économique. Au-delà des indicateurs macroéconomiques, le chantier commence ainsi à redessiner des destins.
Une transformation à encadrer
Pour l’économiste Semana Emmanuel, la réussite ne dépendra pas uniquement de l’infrastructure : « Le défi sera désormais d’accompagner cette transformation : formation des agriculteurs, accès au crédit, organisation des coopératives et intégration dans les chaînes de valeur. Sans cet écosystème, l’infrastructure risque de ne pas produire tout son effet multiplicateur. »
A Nyagatare, cependant, l’optimisme prévaut. Pensé comme un complexe polyvalent; irrigation, eau potable, énergie et potentiel touristique , le barrage ambitionne de convertir l’eau en richesse durable. Dans cette partie orientale du Rwanda longtemps perçue comme périphérique, le projet symbolise une nouvelle centralité : celle d’un territoire déterminé à transformer ses ressources naturelles en moteur de prospérité.
Par UWAMALIYA Mariette
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Présidé par le président Paul Kagame, le dialogue s’est tenu à Kigali les 5 et 6 février. Il a réuni des responsables publics, des acteurs du secteur privé, des représentants de la diaspora rwandaise, des membres du corps diplomatique, des partenaires au développement, des organisations internationales ainsi que des professionnels des médias.
Dans une déclaration publiée le 17 février, le chef de l’État a rappelé que la mise en œuvre des résolutions d’Umushyikirano constitue un pilier fondamental du développement national, de la résilience du pays et de la trajectoire choisie par le Rwanda. Il a insisté sur la responsabilité des dirigeants dans la promotion de l’unité, le renforcement de la redevabilité, la consolidation de l’autonomie nationale et la valorisation des solutions locales. Il a notamment appelé à « améliorer la performance et la collaboration », à « placer les citoyens au centre des services publics » et à « renforcer l’obligation de rendre compte ».
Gouvernance : performance et engagement citoyen
Dans le secteur de la gouvernance, les résolutions mettent l’accent sur l’amélioration des performances des dirigeants et sur une plus grande implication des citoyens.
Il est notamment prévu de renforcer la planification et la mise en œuvre des contrats de performance, connus sous le nom d’Imihigo, afin de mieux répondre aux préoccupations de la population et d’améliorer l’efficacité des services publics.
Les participants ont également convenu d’intensifier les initiatives d’engagement citoyen et de changement de comportement, pour permettre aux communautés de s’impliquer davantage dans la résolution des défis sociaux et de développement.
Par ailleurs, les autorités ont décidé de consolider les campagnes de prévention contre les grossesses précoces, de réduire le décrochage scolaire et de lutter plus efficacement contre l’abus d’alcool et de drogues.
Économie : productivité, valeur ajoutée et inclusion financière
Sur le plan économique, les résolutions visent à renforcer la redevabilité, la productivité et la compétitivité dans des secteurs clés.
Il est prévu d’améliorer la planification, le suivi et l’évaluation des projets afin d’assurer leur mise en œuvre dans les délais et l’atteinte des objectifs fixés.
Le Conseil a également décidé de poursuivre la professionnalisation du secteur minier, avec un accent accru sur la transformation et la valorisation des minerais pour maximiser les retombées économiques.
Dans l’agriculture et l’élevage, l’effort portera sur l’augmentation de la productivité grâce à un accès élargi aux engrais, aux semences améliorées, aux services d’irrigation et à l’insémination artificielle.
Les industries bénéficieront d’un appui ciblé pour accroître la production, renforcer leur compétitivité, développer la valeur ajoutée et résoudre les difficultés liées à l’emballage.
Les participants ont également convenu d’améliorer le fonctionnement des guichets uniques (One Stop Centres) en simplifiant les procédures et en renforçant la sensibilisation du public à leurs services.
Enfin, l’intégration des coopératives d’épargne et de crédit (SACCO) aux niveaux district et national sera accélérée afin de promouvoir l’inclusion financière et d’améliorer l’efficacité du système.
Social : éducation, jeunesse et industries créatives
Dans le secteur social, les résolutions visent à renforcer la qualité de l’éducation, l’autonomisation des jeunes et le développement des industries créatives.
Les dirigeants se sont engagés à améliorer la qualité de l’enseignement pour mieux l’aligner sur les besoins du marché du travail, développer les talents et renforcer l’apprentissage des langues, en particulier l’anglais.
Le dialogue a également souligné l’importance de promouvoir les activités récréatives pour les jeunes, le développement des talents et la formation aux compétences, afin de favoriser un emploi productif et décent.
Enfin, un soutien accru sera apporté aux créateurs de contenus et aux artistes rwandais afin de leur permettre de mieux monétiser les plateformes numériques et les contenus en ligne.
Ces douze résolutions devraient orienter les priorités nationales dans les mois à venir, en consolidant l’approche centrée sur le citoyen, l’amélioration continue des services publics et la poursuite d’une croissance économique durable.
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]]>The post Rwanda turns to technology to address unplanned urban housing first appeared on LEMETREDEKOP.
]]>The scene captures a central tension in Rwanda’s urban transition: a country pursuing highly planned, technology-driven cities while a majority of its urban residents still live outside formal planning systems.
According to Rwanda’s 2023 Voluntary National Review, drawing on the 2021/22 Joint Sector Review on Urbanization and Rural Settlement, about 63% of the country’s urban population lived in unplanned settlements as of 2022.
This pattern reflects broader structural pressures. In its report Rwanda Secondary Cities Urbanization Review 2024–2025, UN-Habitat notes that rapid urban growth, when not matched with affordable housing and effective land management, almost inevitably leads to informality.
In Rwanda’s context, “unplanned settlements” refer to residential areas developed without approved master plans, formal building permits, or adequate access to basic services such as roads, drainage and sanitation. These areas are neither entirely informal nor fully compliant with urban regulations.
A fast-growing urban future
Urbanization is central to Vision 2050, Rwanda’s long-term development strategy. The plan aims to increase the share of the population living in urban areas from 22.9% in 2022 to 70% by 2050, one of the most ambitious urban transitions on the continent.
Yet growth has consistently outpaced the supply of serviced land and affordable housing.
“Urbanization in Rwanda is advancing faster than the supply of serviced land and affordable housing,” says Semana Pontien, an urban development specialist with UN-Habitat Rwanda. “Without deliberate inclusion, cities risk formalizing inequality rather than reducing it.”

In response, the government adopted a revised National Urbanization Policy (NUP 2025) in February 2025, replacing the 2015 framework whose implementation struggled to contain informal expansion.
While the earlier policy laid strong foundations, its impact was uneven.
“Policy design was strong, but implementation capacity, especially at district level, remained a major bottleneck,” says Engineer Uwimana Faustin, a senior urban planner familiar with the rollout. Budget constraints, weak coordination, and limited enforcement capacity allowed informal settlements to expand, particularly along fast-growing urban corridors.
Speaking at a media training in Rubavu in October 2025, Uwayezu Servile, an economist at the Ministry of Infrastructure (MININFRA), acknowledged these challenges.
“We have planning standards in place, but enforcement has struggled to keep pace with rapid urban growth,” he said. “That gap has created room for irregular construction and informality.”
Digitizing urban control

The revised NUP 2025 marks a shift in approach. Digital tools are now positioned as instruments to improve transparency, reduce discretion, and restore public oversight in urban governance, aligning with Rwanda’s broader investment in Digital Public Infrastructure (DPI).
At the April 2025 launch of the policy and a new digital building permit system, Minister of Infrastructure Dr Jimmy Gasore described the reforms as part of Rwanda’s digital transformation under the National Strategy for Transformation (NST2).
“Planning systems must become faster, more transparent and citizen-centred,” he said.
At the centre of this effort is KUBAKA, a national construction-permit management platform operated by the Rwanda Information Society Authority (RISA). Rolled out under the Rwanda Digital Acceleration Project (RDAP) with World Bank support, KUBAKA is designed to standardize building approvals and limit discretionary decision-making.
In practical terms, the system uses automated rule-checks, commonly referred to as algorithms, to verify whether a proposed building complies with approved zoning, density limits, and environmental standards.
“KUBAKA creates a clear and traceable pathway for every construction permit application,” says Dr Kimonyo Dan, an expert involved in the rollout. “It reduces informal interference and improves predictability for applicants.”
The platform replaces the Building Permit Management Information System (BPMIS) introduced in 2016. Applicants can now submit documents online, track progress in real time, and receive permits digitally.
According to Alphonse Rukaburandekwe, Director General of the Rwanda Housing Authority, the reform aims to ensure that “urban growth follows approved master plans, respects environmental requirements, and adopts required density standards.”
Speed is its most visible promise. Processes that once took weeks are now expected to take days if applications are complete.
When digital systems meet real lives
For some, the platform works.

In Bugesera, small contractor Jean de Dieu Nshimiyimana says KUBAKA helped him regularize a residential project after earlier delays. “Before, I had to move from office to office. Now I can see exactly where my file is,” he says.
But for others, access remains elusive.
In Rwamagana, Marie Mukansanga, a resident expanding her family home, says she abandoned the process altogether. “I don’t own a smartphone, and cyber cafés charge money I don’t always have,” she explains. “I didn’t understand the technical language on the platform.”

The risk of digital exclusion
World Bank project documents 2024-2025 caution that digital efficiency does not automatically translate into inclusion. “Barriers such as the cost of internet bundles, limited access to smartphones, low digital literacy, language barriers, and the absence of local support desks risk excluding low-income households” say the documents.
As of January 2025, Rwanda had 4.93 million internet users, an internet penetration rate of 34.2%, according to DataReportal.
“There are also concerns about data security and oversight as more public services move online,” warns Kamanayo Cyimana Anatole, a Kigali-based digital rights advocate.
Housing-rights groups echo the concern.
“A digital platform cannot replace local guidance,” says Nyirafaranga Nancy Caroline, a housing-rights advocate in Rwamagana. “Without community-level assistance, small builders remain locked out of the formal system.”
On its website, UN-Habitat has repeatedly warned against equating smart cities with technology alone.
“A smart city is not defined by platforms,” the agency notes. “It is defined by how well it serves all residents, especially the most vulnerable.”
Who will measure success?

As implementation of NUP 2025 accelerates, accountability becomes central. Monitoring responsibility lies with MININFRA, district authorities, and the National Institute of Statistics of Rwanda (NISR), which tracks urban housing indicators through household surveys and administrative data.
Success will be measured by reductions in new unplanned settlements, faster permit approval times, increased compliance rates, and improved access to affordable housing, according to policy documents.
“Digital reforms work best when citizen feedback is built into the system and acted upon,” says Dr Kamanayo Oscar, a private expert monitoring public-sector digitalization.
A high-stakes wager
From Kigali’s outskirts to secondary cities such as Rwamagana and Bugesera, Rwanda’s urban future is being shaped by rules embedded in software as much as by concrete and asphalt.
“The success of digital urban reform should not be measured by how many platforms are launched,” says Engineer Shirimpumu Sam, “but by whether they expand opportunity, dignity and belonging for ordinary citizens.”
Rwanda has placed a bold wager on technology to bring order to rapid urban growth. Whether it succeeds will depend on whether digital tools help build not just smarter cities, but fairer ones.
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]]>The post L’essoufflement de la participation citoyenne post-Covid interroge le modèle de gouvernance rwandais first appeared on LEMETREDEKOP.
]]>S’exprimant lors du Conseil national de dialogue (Umushyikirano), la Directrice générale du Rwanda Governance Board (RGB), Doris Picard Uwicyeza, a relevé une diminution de l’engagement des citoyens dans des cadres civiques clés tels que l’Umuganda et les conseils de citoyens, des mécanismes historiquement centraux dans l’appropriation des politiques publiques.
Selon elle, les avancées socio-économiques enregistrées par le Rwanda au cours des dernières décennies ne sont pas uniquement le fruit de l’action gouvernementale, mais reposent largement sur l’implication active des citoyens dans la mise en œuvre des programmes nationaux.
« Notre développement a été possible parce que les citoyens se sont approprié les programmes du gouvernement et ont participé directement à leur exécution », a-t-elle rappelé, avertissant qu’un affaiblissement de cette dynamique pourrait ralentir les ambitions du pays inscrites dans la Vision 2050.
La responsable du RGB a particulièrement interpellé la jeunesse, soulignant que son engagement sera déterminant pour l’avenir du modèle de gouvernance rwandais. Elle l’a invitée à jouer un rôle plus actif dans la vie civique et dans les programmes publics.
« Lorsque vous participez, vous n’êtes plus seulement bénéficiaires, vous devenez partenaires », a-t-elle déclaré.
Uwicyeza a également rappelé les profondes transformations opérées dans la gouvernance locale, contrastant l’époque actuelle avec celle des anciens bourgmestres, marquée par la peur et la coercition. Elle a évoqué une période où les citoyens convoqués à la commune se rendaient aux réunions munis de couvertures, incertains de pouvoir rentrer chez eux.
« La gouvernance a totalement changé par rapport à ces années-là », a-t-elle affirmé, soulignant le choix délibéré du Rwanda de bâtir des institutions au service des citoyens, respectueuses de leurs droits et fondées sur l’égalité.
Aujourd’hui, a-t-elle expliqué, la qualité de la gouvernance se mesure à travers le fonctionnement des institutions, l’accessibilité des services publics et la capacité des autorités à écouter la voix des citoyens.
Les recherches annuelles du Rwanda Governance Board sur la gouvernance et la prestation de services montrent une amélioration significative de la confiance entre les citoyens et l’État au cours des trente dernières années. Elles mettent toutefois en évidence des défis persistants, notamment en matière d’efficacité, de rapidité et de réactivité des services publics.
« Les citoyens ne se demandent plus seulement si les services existent, mais s’ils sont fournis à temps, s’ils sont faciles à utiliser et adaptés aux nouvelles technologies », a-t-elle souligné, notant que les attentes ont évolué avec l’accès accru à l’éducation et aux outils numériques.
Elle a enfin rappelé que les progrès du Rwanda reposent sur une collaboration étroite entre les institutions publiques et les citoyens, citant la période 2008-2011 durant laquelle plus d’un million de personnes sont sorties de la pauvreté grâce, notamment, à l’appropriation collective des programmes de développement communautaire et de protection sociale.
À l’approche des objectifs de long terme du pays, le message de la responsable du RGB est sans équivoque : la pérennité des acquis dépendra autant de la solidité des institutions que de la capacité à revitaliser l’engagement citoyen au cœur de la gouvernance.
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]]>The post Urbanisation au Rwanda: quand le numérique tente de remettre de l’ordre first appeared on LEMETREDEKOP.
]]>Cette scène illustre une tension centrale de la transition urbaine rwandaise : un pays qui poursuit un modèle de villes hautement planifiées et technologiquement avancées, alors que la majorité de ses citadins vivent encore en dehors des systèmes formels d’aménagement.
Selon le Rapport national volontaire 2023 du Rwanda, s’appuyant sur la Revue sectorielle conjointe 2021/22 sur l’urbanisation et l’habitat rural, environ 63 % de la population urbaine vivait dans des zones non planifiées en 2022 — un indicateur des habitats informels ou semi-formels.
« Une croissance urbaine rapide qui n’est pas accompagnée d’un logement abordable et d’une planification efficace conduit presque inévitablement à l’informalité », note ONU-Habitat dans ses évaluations 2024-2025 des villes secondaires du Rwanda.
Un avenir urbain en accélération
L’urbanisation est au cœur de la Vision 2050, la stratégie de développement à long terme du Rwanda. Celle-ci prévoit de faire passer la proportion de la population vivant en zone urbaine de 22,9 % en 2022 à 70 % d’ici 2050, l’une des transitions urbaines les plus ambitieuses d’Afrique.
Mais la croissance a constamment dépassé l’offre de terrains viabilisés et de logements abordables.
« L’urbanisation au Rwanda progresse plus vite que la mise à disposition de terrains aménagés et de logements accessibles », explique Semana Pontien, spécialiste du développement urbain à ONU-Habitat Rwanda. « Sans une inclusion délibérée, les villes risquent de formaliser les inégalités au lieu de les réduire. »
Pour reprendre le contrôle, le gouvernement a adopté en février 2025 une Politique nationale d’urbanisation révisée (NUP 2025), remplaçant le cadre de 2015, qui peinait à contenir l’expansion informelle.
Si la politique précédente posait des bases solides, sa mise en œuvre a rencontré des difficultés, notamment au niveau des districts.
« La conception de la politique était robuste, mais la capacité de mise en œuvre, en particulier au niveau local, est restée un goulot d’étranglement majeur », souligne l’ingénieur Uwimana Faustin, urbaniste senior ayant suivi son déploiement. Les contraintes budgétaires, la faible coordination et les lacunes en matière de contrôle ont permis la prolifération des quartiers informels, surtout le long des corridors urbains en forte croissance.
La forte demande de logements et les autorisations irrégulières d’utilisation des sols ont aggravé la situation. Lors d’une formation médiatique à Rubavu en octobre 2025, Uwayezu Servile, économiste au ministère des Infrastructures (MININFRA), a pointé les faiblesses du contrôle.
« Nous disposons de normes d’aménagement, mais leur application n’a pas suivi le rythme de la croissance urbaine rapide », a-t-il déclaré. « Cet écart a ouvert la voie aux constructions irrégulières et à l’informalité. »
La numérisation pour reprendre le contrôle urbain
La NUP 2025 marque un changement d’approche. La numérisation, la transparence et la participation citoyenne sont désormais présentées comme des outils centraux de la gouvernance urbaine, en cohérence avec les investissements du Rwanda dans les Infrastructures publiques numériques (DPI).

Lors du lancement de la politique et d’un nouveau système numérique de permis de construire en avril 2025, le ministre des Infrastructures, Dr Jimmy Gasore, a présenté ces réformes comme un pilier de la transformation numérique du pays dans le cadre de la Stratégie nationale de transformation (NST2). « Les systèmes de planification doivent devenir plus rapides, plus transparents et centrés sur le citoyen », a-t-il affirmé.
Au cœur de cette réforme se trouve KUBAKA, une plateforme nationale de gestion des permis de construire opérée par l’Autorité rwandaise de la société de l’information (RISA). Déployée dans le cadre du Rwanda Digital Acceleration Project (RDAP) avec l’appui de la Banque mondiale, KUBAKA vise à instaurer ordre, prévisibilité et traçabilité dans les procédures d’autorisation de construction.
« KUBAKA crée un parcours clair et traçable pour chaque demande de permis de construire », explique Dr Kimonyo Dan, expert impliqué dans son déploiement. « Elle limite les interférences informelles et améliore la prévisibilité pour les demandeurs. »
La plateforme remplace le Building Permit Management Information System (BPMIS), introduit en 2016. Elle permet aux demandeurs de soumettre leurs dossiers en ligne, de suivre l’évolution des demandes et de recevoir les permis approuvés sous format numérique. Surtout, elle vérifie automatiquement la conformité des projets avec les réglementations urbaines les plus récentes.
« KUBAKA apporte des améliorations majeures par rapport à l’ancien BPMIS », souligne Alphonse Rukaburandekwe, directeur général de l’Autorité rwandaise du logement. « Elle garantit une croissance urbaine coordonnée, conforme aux exigences environnementales des plans directeurs, respectant les normes de densité et favorisant la construction formelle. »
La rapidité constitue sa promesse la plus visible. Des procédures qui prenaient autrefois des semaines sont désormais censées être traitées en quelques jours, à condition que les dossiers soient complets. Des réformes similaires ailleurs donnent un aperçu de ce qui est possible: au Bénin, une refonte du système en 2020 a réduit les délais d’approbation d’environ vingt jours.
L’expérience rwandaise s’inscrit dans une tendance continentale plus large. Au Kenya et au Ghana, les réformes numériques foncières et de construction ont simplifié les démarches pour les promoteurs formels, tandis que les quartiers informels restent souvent en marge.
KUBAKA s’inscrit dans un virage numérique plus vaste. Depuis 2023, tous les titres fonciers au Rwanda sont délivrés exclusivement sous forme numérique, mettant fin aux certificats papier. Dès 2020, le gouvernement avait lancé un système en ligne d’information foncière permettant d’accéder aux données détaillées de toute parcelle enregistrée à l’échelle nationale.
Ensemble, ces réformes visent à standardiser les procédures, réduire la prise de décision discrétionnaire et renforcer la redevabilité dans la gouvernance urbaine.
Le risque de l’exclusion numérique
Mais les partenaires au développement avertissent que l’efficacité ne garantit pas automatiquement l’inclusion.
Les documents de projets de la Banque mondiale soulignent que l’élargissement de l’accès, l’abordabilité et les compétences numériques de base sont essentiels à une participation large aux services numériques. À défaut, les bénéfices de la réforme risquent d’échapper aux populations les plus pauvres.
Ce risque est bien réel. En janvier 2025, le Rwanda comptait 4,93 millions d’utilisateurs d’internet, soit un taux de pénétration de seulement 34,2 %, selon DataReportal. De nombreux ménages à faible revenu, en particulier dans les zones périurbaines, ne disposent pas d’une connexion fiable ni d’équipements adaptés.
« Des préoccupations existent également en matière de sécurité des données et de contrôle à mesure que davantage de services publics basculent en ligne », avertit Kamanayo Cyimana Anatole, défenseur des droits numériques à Kigali.
La vie au-delà de la plateforme
Dans des villes en forte croissance comme Rwamagana et Bugesera, les expériences avec le nouveau système sont contrastées. Certains promoteurs saluent des délais plus clairs et une réduction de l’incertitude. D’autres, notamment les petits constructeurs, estiment que le processus numérique reste difficile à maîtriser.
« Une plateforme numérique ne peut pas remplacer l’accompagnement local et les guichets physiques d’assistance », affirme Nyirafaranga Nancy Caroline, militante pour le droit au logement à Rwamagana, dans la province de l’Est. « Sans un appui au niveau communautaire, les constructeurs informels restent exclus du système formel. »
Les principes d’ONU-Habitat mettent en garde contre une vision technocentrée des villes intelligentes.
« Une ville intelligente ne se définit pas par ses plateformes », rappelle le portail d’ONU-Habitat. « Elle se définit par sa capacité à servir tous ses habitants, en particulier les plus vulnérables. La technologie doit favoriser l’inclusion, non la remplacer. »
Alors que la mise en œuvre de la NUP 2025 s’accélère, la redevabilité sera déterminante.
« Les réformes numériques fonctionnent mieux lorsque les retours des citoyens sont intégrés au système et pris en compte », estime Dr Kamanayo Oscar, expert privé suivant la numérisation du secteur public au Rwanda.
Un pari à haut risque
Des périphéries en expansion de Kigali aux villes émergentes comme Rwamagana et Bugesera, l’avenir urbain du Rwanda se dessine autant par les algorithmes que par l’asphalte.
« Le succès de la réforme urbaine numérique ne doit pas se mesurer au nombre de systèmes lancés », conclut l’ingénieur Shirimpumu Sam, « mais à leur capacité à élargir les opportunités, la dignité et le sentiment d’appartenance des citoyens ordinaires. »
“”Le Rwanda a fait le pari audacieux de la technologie pour dompter le chaos urbain. Sa réussite dépendra de la capacité de ces outils numériques à bâtir non seulement des villes plus intelligentes, mais aussi plus justes””,ajoute-t-il.
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]]>The post Coup d’Etat au Bénin : des militaires annoncent la dissolution de l’État et la chute du président Patrice Talon first appeared on LEMETREDEKOP.
]]>Dans un message solennel diffusé par la chaîne publique, les soldats ont déclaré avoir pris le contrôle des institutions et instauré un organe de transition baptisé Comité Militaire pour la Refondation (CMR). Ce comité est placé sous la direction du colonel Pascal Tigri, présenté comme le nouveau dirigeant de la transition.
Dans leur déclaration, les militaires ont accusé le régime de Patrice Talon de « dérives institutionnelles », « mauvaise gouvernance » et « mise en péril de l’unité nationale ». Ils affirment que l’armée a pris ses responsabilités pour « sauver la nation ».
Attaque contre la résidence présidentielle
Des médias internationaux, dont Sahara Reporters et Associated Press, ont rapporté qu’un groupe armé aurait attaqué la résidence du président à Cotonou dans les heures qui ont précédé l’annonce télévisée. Des tirs auraient été entendus dans plusieurs quartiers proches des institutions stratégiques.
À ce stade, le sort exact de Patrice Talon reste incertain. Certaines sources évoquent qu’il aurait été exfiltré vers un lieu sûr. D’autres soulignent que les militaires ne l’ont pas montré ni confirmé son arrestation, laissant planer une zone d’ombre sur sa situation personnelle.
Une situation encore confuse sur le terrain
Bien que les militaires affirment avoir pris le contrôle du pays, la situation reste fluide et incertaine. Aucune parade militaire n’a été observée dans les rues principales de Cotonou, et plusieurs sources diplomatiques indiquent que des unités loyalistes pourraient encore être actives.
Les communications officielles du gouvernement civil sont interrompues, et aucun ministre n’a encore été aperçu en public depuis la déclaration du CMR.
Réactions internationales en attente
Au moment de publier cet article, aucune réaction officielle de la CEDEAO, de l’Union africaine ou des partenaires internationaux n’avait encore été rendue publique. Toutefois, compte tenu du positionnement traditionnel du Bénin dans la région, des déclarations devraient suivre rapidement.
Un pays considéré comme stable, soudainement ébranlé
Le Bénin était jusqu’ici perçu comme l’une des démocraties les plus stables de l’Afrique de l’Ouest, malgré les controverses politiques récentes autour de la réélection du président Talon et des tensions internes sur les réformes électorales et judiciaires.
La tentative de prise de pouvoir par l’armée marque un tournant majeur dans l’histoire politique béninoise, déjà secouée ces dernières années par une montée des mécontentements sociaux et politiques.
Et après ?
Le CMR a promis de « rétablir l’ordre » et d’engager des réformes profondes pour « refonder les institutions ». Mais aucune feuille de route claire n’a été détaillée. La période à venir sera déterminante pour comprendre si ce coup d’État pourra s’ancrer ou s’il sera contesté, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
La communauté internationale et les partenaires régionaux seront décisifs pour influencer l’issue de cette crise politique d’une ampleur inédite depuis le retour au multipartisme au Bénin.
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]]>The post Parlement : une mission nationale pour réinventer l’urbanisation first appeared on LEMETREDEKOP.
]]>Les députés visiteront 237 secteurs afin d’évaluer les projets en cours, d’identifier les défis persistants et d’échanger avec les autorités locales ainsi qu’avec les citoyens directement concernés par l’évolution des politiques d’urbanisation.
La Présidente de la Chambre des Députés, Gertrude Kazarwa, souligne que cette démarche vise avant tout à renforcer le lien entre les politiques publiques et les besoins réels de la population.
« Écouter les citoyens est essentiel pour garantir que les initiatives de développement urbain et de gestion foncière apportent un impact durable », a-t-elle déclaré.
Au-delà des rencontres, les parlementaires participeront au Umuganda, soutenant la vision de quartiers propres, sûrs et bien organisés.
Un pays en pleine mutation urbaine
Le Rwanda connaît une urbanisation accélérée, avec une population urbaine qui devrait dépasser 50 % d’ici 2050. Cette dynamique crée une forte demande en logements abordables, pousse l’État à promouvoir des zones d’habitat planifiées et accélère les réformes liées à l’utilisation des terres pour éviter des constructions dans les zones à risque.
Une mission stratégique
Face à la croissance rapide des villes, à la pression foncière et à la hausse des coûts de construction, cette mission arrive à un moment crucial. Elle permettra de recueillir des informations clés en vue de futures révisions législatives sur l’habitat, la planification urbaine et la gestion durable des terres.
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