Justice pour le Rwanda : la cour française confirme la peine de Sosthène Munyemana

La Cour d’appel de Paris a confirmé jeudi, 23 octobre, 2025 , la peine de 24 ans de prison infligée à Sosthène Munyemana, ancien médecin rwandais, pour sa participation au génocide de 1994, ont rapporté des sources judiciaires.

Aujourd’hui âgé de 70 ans, Munyemana a été reconnu coupable de génocide, de crimes contre l’humanité, de participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre ces crimes et de complicité de crimes contre l’humanité. Cette décision, initialement prononcée en 2023, fait suite à ses actes durant l’une des périodes les plus sombres de l’histoire rwandaise, qui a coûté la vie à plus d’un million des Tutsi.

Un rôle clé dans les massacres

Munyemana est accusé d’avoir soutenu activement le gouvernement intérimaire instauré après l’assassinat du président Juvénal Habyarimana, événement déclencheur des massacres. Il aurait organisé des barrages et des patrouilles à Tumba, dans le sud de Butare, où des habitants étaient arrêtés puis exécutés. Il détenait également les clés d’un bureau où des Tutsis étaient emprisonnés avant leur mise à mort.

Proche de Jean Kambanda, Premier ministre intérimaire du Rwanda condamné à perpétuité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) en 2000, Munyemana a joué un rôle central dans la facilitation du génocide.

Une vie reconstruite en France

Après le génocide, Munyemana s’est installé en France, où sa femme vivait déjà. Il a refait sa vie dans le sud-ouest du pays, exerçant d’abord comme médecin urgentiste, puis comme gériatre, tout en élevant trois enfants. Mais malgré cette apparente normalité, la justice française a poursuivi l’enquête sur ses crimes.

La justice internationale à l’œuvre

Le maintien de la peine par la Cour d’appel illustre l’engagement de la France à traduire en justice les auteurs de génocide, quel que soit le temps écoulé. Des experts notent que cette affaire témoigne de la coopération entre les survivants rwandais et les autorités françaises pour rassembler des preuves et garantir que justice soit rendue.

Les observateurs estiment que ce jugement envoie un message clair : les crimes contre l’humanité ne tombent pas dans l’oubli et les responsables doivent répondre de leurs actes. Pour les survivants, c’est un signe d’espoir et une affirmation du droit à la mémoire et à la justice.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *