Au Burundi, la rougeole menace les enfants réfugiés

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Un agent de santé vaccine un enfant dans un site accueillant des réfugiés congolais au Burundi, où les autorités sanitaires et leurs partenaires renforcent la riposte contre la rougeole afin de prévenir une propagation de la maladie. Photo : OMS Burundi.

Un agent de santé vaccine un enfant dans un site accueillant des réfugiés congolais au Burundi, où les autorités sanitaires et leurs partenaires renforcent la riposte contre la rougeole afin de prévenir une propagation de la maladie. Photo : OMS Burundi.

Par Télesphore KABERUKA

Les autorités sanitaires burundaises et leurs partenaires intensifient la riposte contre la rougeole dans les sites accueillant des réfugiés congolais, alors que les conditions de déplacement et de vie dans les camps exposent particulièrement les enfants à la maladie.

Le 6 juillet 2026, l’Organisation mondiale de la Santé a annoncé le renforcement des interventions dans les zones d’accueil, notamment à Busuma, où des enfants réfugiés ont été pris en charge après avoir développé de la fièvre, des éruptions cutanées et d’autres complications associées à la rougeole.

La maladie frappe dans un contexte humanitaire déjà fragile. Depuis plusieurs mois, le Burundi accueille des populations ayant fui les violences dans l’est de la République démocratique du Congo. Cet afflux a exercé une forte pression sur les structures de santé, l’accès à l’eau, l’assainissement, la vaccination et la prise en charge nutritionnelle.

Dans les camps et centres de transit, la promiscuité favorise la circulation rapide des infections. Les enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés sont les plus exposés, particulièrement lorsqu’ils souffrent également de malnutrition ou d’autres maladies.

La riposte repose sur la détection rapide des cas, l’isolement des malades, la vaccination des enfants exposés et l’amélioration de la surveillance épidémiologique. Les équipes sanitaires travaillent aussi à sensibiliser les familles sur les signes d’alerte et l’importance de conduire rapidement les enfants vers les centres de soins.

La rougeole commence généralement par une forte fièvre, une toux, un écoulement nasal et une irritation des yeux, avant l’apparition d’une éruption cutanée. Chez les enfants fragiles, elle peut provoquer des complications graves, notamment des infections respiratoires, des diarrhées sévères, une déshydratation ou des atteintes neurologiques.

La situation met en lumière les conséquences sanitaires indirectes des conflits de la région des Grands Lacs. Lorsqu’une famille fuit les combats, elle perd souvent l’accès aux services habituels de vaccination, aux dossiers médicaux et aux structures de santé communautaires.

Le Burundi doit ainsi répondre simultanément aux besoins de sa propre population et à ceux de milliers de réfugiés. L’OMS avait déjà alerté, en mars 2026, sur la pression croissante exercée par l’arrivée de réfugiés congolais sur les services sanitaires du pays.

Au-delà de la vaccination d’urgence, les acteurs humanitaires insistent sur la nécessité de garantir une alimentation suffisante, de l’eau potable, des installations sanitaires et un suivi médical permanent dans les sites d’accueil.

La lutte contre la rougeole au Burundi apparaît donc comme bien plus qu’une campagne médicale. Elle constitue un test pour la capacité des pays de la région et de leurs partenaires à protéger les enfants déplacés, souvent premières victimes silencieuses des crises politiques et sécuritaires.

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