Burundi : après l’incendie du marché de Ngozi, les victimes réclament des réponses

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A Ngozi, on demande une enquête sur les incendies des marchés

A Ngozi, on demande une enquête sur les incendies des marchés

Par Mariette UWAMALIYA

 

Au Burundi, l’incendie qui a ravagé une grande partie du marché central de Ngozi dans la nuit du 9 au 10 juillet continue d’alimenter l’actualité nationale. Plus d’une semaine après le drame, qui a coûté la vie à une personne et détruit des centaines d’étals, les commerçants tentent de se relever tandis que le débat se déplace vers la prévention des incendies, les responsabilités des autorités et l’accompagnement des sinistrés.

Le dimanche 12 juillet, le président de l’Assemblée nationale burundaise, Daniel Gélase Ndabirabe, s’est rendu sur les lieux pour témoigner sa solidarité aux victimes. Après avoir parcouru les décombres encore fumants, il a exhorté les commerçants à reprendre leurs activités malgré les pertes subies.

« Faites preuve de courage et relevez-vous pour poursuivre vos activités », leur a-t-il déclaré, avant de les inviter à adhérer davantage aux compagnies d’assurance afin de mieux protéger leurs investissements contre de futurs sinistres.

Mais une autre partie de son intervention a suscité une vive polémique. Daniel Gélase Ndabirabe a également encouragé les commerçants à unir leurs efforts pour acquérir des équipements de lutte contre les incendies, notamment des camions anti-incendie, estimant que la prévention devait aussi relever de leur responsabilité.

Des commerçants entre incompréhension et colère

Ces propos ont rapidement provoqué des réactions dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Dans un reportage publié par IWACU, plusieurs commerçants sinistrés estiment que cette responsabilité incombe d’abord à l’État.

« Nous payons des impôts et des taxes. Il revient à l’État de protéger nos biens. (…) Nous demander d’acheter des camions anti-incendie, c’est remuer le couteau dans la plaie », confie un commerçant cité sous couvert d’anonymat.

Toujours selon IWACU, de nombreux commerçants, craignant de perdre définitivement leurs emplacements, ont commencé à reconstruire leurs kiosques malgré une consigne administrative leur demandant d’attendre les décisions des autorités.

« Nous voulons évacuer notre détresse », explique un commerçant interrogé par le média, ajoutant que rester inactif ne ferait qu’aggraver leur souffrance.

Les autorités promettent une reconstruction

Dès le lendemain de l’incendie, le gouverneur de la province de Butanyerera, Victor Segasago, avait assuré que le marché serait réhabilité dans les meilleurs délais afin de permettre une reprise rapide des activités économiques.

Les autorités ont également annoncé la mise en place d’une commission réunissant représentants des commerçants, administration, forces de sécurité et services techniques afin d’évaluer les dégâts et d’accélérer la reconstruction. Les circonstances exactes de l’incendie restent toutefois à déterminer.

Une solidarité qui s’organise

Au fil des jours, plusieurs institutions ont multiplié les visites de réconfort auprès des victimes.

Le 16 juillet, l’ombudsman du Burundi, Aimée Laurentine Kanyana, s’est rendue à son tour sur le site sinistré. Citant un proverbe burundais, elle a encouragé les commerçants à retrouver espoir :

« Ukugwa si bibi, ikibi ni uguhérayo » (« Tomber n’est pas le pire ; le pire est de rester à terre. »)

Elle a également invité les commerçants travaillant avec les banques ou les compagnies d’assurance à se rapprocher de leurs partenaires financiers afin d’examiner les mécanismes susceptibles de faciliter la reprise de leurs activités.

Un débat qui dépasse Ngozi

Au-delà de l’émotion, cette catastrophe relance une question plus large : celle de la sécurité des marchés publics burundais.

Selon IWACU, l’incendie de Ngozi constitue le cinquième sinistre majeur enregistré dans un marché burundais depuis le début de l’année 2026, après ceux de Bujumbura, Kinama, Cibitoke et Jabe. Le média souligne que plusieurs de ces incendies n’ont toujours pas fait l’objet d’enquêtes publiques permettant d’établir clairement leurs causes ou les responsabilités éventuelles.

Pour de nombreux observateurs, la reconstruction du marché de Ngozi ne suffira pas. Ils plaident pour un renforcement durable des capacités des services de lutte contre les incendies, une meilleure couverture assurantielle des activités commerciales et des enquêtes transparentes afin d’éviter que de telles tragédies ne se répètent.

 

Sources : lerenouveau.bi, Xinhua French, TwStalker, Xinhua French, IWACU, Burundi Agnews

 

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