RDC : Tshisekedi ouvre la porte au dialogue
Par la rédaction de lemetredekop.com
Le paysage politique congolais connaît un tournant inattendu. Après des mois de crispations entre le pouvoir et l’opposition, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a donné son accord de principe à l’organisation d’un dialogue national inclusif, une initiative portée depuis plusieurs mois par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). Cette évolution intervient alors que la République démocratique du Congo reste confrontée à une crise sécuritaire persistante dans l’Est et à des tensions politiques grandissantes à Kinshasa.
L’annonce a été faite le 17 juillet à l’issue d’une audience accordée par le chef de l’État aux représentants des principales confessions religieuses. Au nom de la délégation, le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, archevêque métropolitain de Kinshasa, a salué ce qu’il considère comme une avancée majeure.
« Nous nous réjouissons de cette annonce et exprimons notre gratitude au Chef de l’État. »
Le prélat a précisé que le président congolais avait accepté la tenue d’un « dialogue national inclusif, apaisé et résolument républicain », destiné à renforcer la cohésion nationale dans le respect des institutions et de la Constitution.
Devant la presse, le cardinal Ambongo a également lancé un appel à l’ensemble de la classe politique.
« Les conditions de ce dialogue seront précisées chemin faisant. Nous invitons tous les Congolais à s’inscrire dans cette dynamique afin que notre peuple puisse vivre en paix. »
Les Eglises déjà au travail
À peine vingt-quatre heures après cette annonce, les responsables de la CENCO et de l’ECC ont entamé une série de consultations avec les principales forces politiques du pays. Leur première étape les a conduits auprès des dirigeants de la coalition d’opposition C64 (Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel), qui réclame depuis plusieurs mois un dialogue politique sur les causes profondes de la crise congolaise.
À l’issue de cette rencontre, le porte-parole de l’ECC, le pasteur Éric Senga, a expliqué la démarche des médiateurs.
« Dès lors que le processus est déjà lancé, nous avons l’obligation d’obtenir des uns et des autres leur engagement. »
Les responsables religieux ont également demandé à l’opposition de reporter la marche prévue le 22 juillet, estimant qu’un climat d’apaisement favoriserait le succès du futur dialogue. À ce stade, aucun accord formel n’a toutefois été annoncé.
Le gouvernement fixe ses lignes rouges
Si l’exécutif accueille favorablement le principe du dialogue, il insiste sur les limites de son caractère inclusif.
Lors d’un briefing de presse, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a rappelé que les discussions devaient réunir uniquement des Congolais attachés à la souveraineté nationale.
« Le président de la République l’a dit et redit : les dialogues doivent se tenir entre Congolais, mais des Congolais qui sont en mesure de dénoncer l’agression. »
Pour le gouvernement, ce dialogue doit avant tout permettre de renforcer le front intérieur face à l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, où les autorités accusent le Rwanda de soutenir la rébellion du M23.
Une initiative suivie avec prudence
L’ouverture affichée par Félix Tshisekedi est perçue comme un geste d’apaisement dans un contexte particulièrement tendu. Depuis plusieurs mois, les Églises catholique et protestante multiplient les appels à un dialogue capable de réunir majorité, opposition, société civile et autres composantes nationales afin de préserver l’unité du pays.
Reste désormais à savoir si cette volonté affichée se traduira par un processus réellement inclusif et accepté par toutes les parties. Les prochaines consultations menées par la CENCO et l’ECC seront déterminantes pour mesurer la capacité des acteurs politiques congolais à dépasser leurs divergences dans un contexte où les attentes de la population demeurent immenses.
Sources: Radio Okapi, Une.cd, Dépêche.cd, Actualite.cd, Radio Okapi