L’ONU durcit les sanctions contre les chefs des groupes armés dans l’est de la RDC
Corneille Nangaa lors d'une conférence de presse à Goma/Photo actualite-cdCorneille Nangaa lors d'une conférence de presse à Goma/Photo actualite-cd
Par Telesphore KABERUKA
Le Conseil de sécurité des Nations unies a franchi une nouvelle étape dans la lutte contre l’insécurité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Le Comité des sanctions créé en vertu de la résolution 1533 (2004) a inscrit six individus et deux entités sur sa liste des personnes et organisations visées par des sanctions internationales.
Parmi les personnalités sanctionnées figure Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et actuel dirigeant de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), alliée politico-militaire du M23. Sont également visés plusieurs responsables des FDLR, des ADF, du M23 et du groupe armé Twirwaneho. Les deux entités sanctionnées sont l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et Twirwaneho.
Les mesures décidées par les Nations unies comprennent le gel des avoirs, l’interdiction de voyager et l’embargo sur les armes. Elles visent à limiter les capacités opérationnelles des groupes armés accusés d’alimenter les violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Ces nouvelles sanctions interviennent alors que les Nations unies poursuivent leurs efforts pour soutenir la mise en œuvre du cessez-le-feu et renforcer les mécanismes régionaux de vérification destinés à stabiliser l’est de la RDC. La MONUSCO affirme continuer d’appuyer les initiatives diplomatiques engagées avec les autorités congolaises et les partenaires régionaux afin de favoriser une désescalade durable.
Pour les observateurs, cette décision traduit la volonté de la communauté internationale d’accroître la pression sur les responsables des groupes armés tout en soutenant les processus politiques et sécuritaires en cours. Son efficacité dépendra toutefois de la coopération des États membres de l’ONU dans l’application effective des sanctions, notamment le gel des avoirs et le contrôle des déplacements internationaux des personnes désignées.